Alors que la poussière des manifestations contre la loi travail est retombée depuis quelques mois et que les projecteurs médiatiques sont maintenant braqués sur la course de petits chevaux de la présidentielle, les poursuites judiciaires contre nos camarades interpellé.e.s lors des manifestations de 2016 n’ont pas cessé. Depuis le printemps dernier, une vingtaine de personnes – essentiellement des jeunes en situation de précarité – ont subit une répression judiciaire inédite à Amiens.
C’est pourquoi le Comité de Soutien Interluttes 80 tient à renouveler son témoignage de solidarité envers tou.te.s les militant.e.s mis.e.s en cause dans le cadre de la mobilisation contre la loi travail. En particulier, dans les semaines qui viennent : Arnaud, Axel , Jules, Manon, Romain attendent encore certaines de leurs condamnations.
La répression judiciaire s’acharne aussi tout particulièrement contre Rudy, déjà condamné à de la prison ferme l’été dernier, puis sorti pour être à nouveau condamné à six mois de prison « aménageables », en plus d’amendes aux montants considérables. Après six mois d’attente et de multiples convocations au tribunal, la décision du juge sur les modalités de l’exécution de sa peine sera à priori connue le 31 janvier au Tribunal de Beauvais. Au moins connaissons nous déjà les réquisitions du procureur : six mois avec un bracelet électronique. Et pourtant la procédure avait mis en évidence les contradictions flagrantes entre les compte-rendus du commandant des CRS et celui des policiers de la brigade anti-criminalité.
Si nous n’étions pas tant convaincus que la relaxe aurait dû prévaloir pour tou.te.s nos camarades mis.e.s en cause, nous pourrions argumenter que si une peine de six mois devait être purgée pour satisfaire la vindicte du pouvoir politique, alors elle l’a été par Rudy à travers ces six mois d’attente, de doutes et d’expectatives.
Cette répression judiciaire contre nos camarades mobil isé.e.s contre la loi travail s’ inscrit dans un recul historique des libertés civiles, associatives et syndicales. En tant que citoyen.ne.s, nous sommes tou.te.s concerné.e.s, en particulier à Amiens. Outre la répression quotidienne contre les étranger.ère.s, les précaires, et les laissé.e.s-pour-compte de notre société, rappelons que le 1 1 janvier, la Cour d’appel d’Amiens a condamné sept anciens ouvriers de Goodyear Amiens-Nord, mobil isés contre la fermeture de leur entreprise, de deux à douze mois de prison avec sursis avec cinq ans de mise à l’épreuve.
Aujourd’hui, la Mairie d’Amiens – celle qui condamne nos camarades à des milliers d’euros de dommages et intérêts – a décidé de rendre payantes les salles municipales aux associations, privant de chacun de leur l iberté de se réunir dans des lieux publics. Les habitant.e.s de la Maison Cozette, auto-gérée par le collectif La Brèche, ont reçu un avis d’expulsion en pleine trêve hivernale. Une décision de la Mairie qui risque de laisser à la rue une dizaine de jeunes précaires et fermera le seul espace militant encore ouvert et gratuit à Amiens, tandis que le lieu sera vendu par la Mairie à un promoteur immobilier chargé d’exploiter les étudiant.e.s en manque de logements.
De toutes parts, la répression judiciaire s’attaque à nos solidarités et nos libertés fondamentales. Nous devons plus que jamais nous rassembler pour soutenir, par tous les moyens, nos camarades poursuivi.e.s pour leur engagement politique.

Communiqué pour le 31 janvier 2017

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