Avec sa loi « Travaille ! », le gouvernement n’en finit pas de donner du taf aux juges.

Il y a près de 60 ans, en 1948, les ouvriers du Nord en grève qui luttaient pour conserver leurs conquis sociaux ont subi la répression policière et judiciaire de la part d’un gouvernement… « socialiste ». Hé oui, déjà.

Mardi 27 septembre, quelques jours après que l’un de nos camarades de SUD Santé-sociaux a été mutilé par une grenade jetée par un flic à Paris, le bal des procès reprend à Amiens.

Il faut croire que la vengeance d’État devient la règle.

Ainsi nos camarades Axel, Arnaud, Jules, Romain et Rudy, qui eurent l’audace d’empêcher « la libre circulation des trains » ! Ils ont commis l’irréparable : comme des centaines de milliers de personnes, ils ont manifesté. Et manifester, pour notre gouvernement dit « socialiste », on le sait désormais, c’est mal. À moins que ça ne se fasse sur les trottoirs et sans bruit. Bloquer les voitures, les bus, les trains, quel crime odieux contre notre économie ! Le juge de l’un de nos camarades lui-même a indiqué en audience lors d’un précédent procès qu’il allait le faire « payer pour tous les autres ». Il faut être ferme, faire des exemples !

On les accuse également d’avoir « dégradé les voies ». Sacripants ! Sans doute sont-ils parvenus à déboulonner les voies à l’aide de leurs petits bras musclés et de mégaphones, en moins de vingt minutes…

Tout ceci n’est pas sérieux. Nous étions là. Nous étions plusieurs centaines sur les voies. On en prend cinq et on prétend les juger au nom des autres. On ne nage plus dans l’hypocrisie, on s’y noie.

Il s’agit de traiter en délinquants de droit commun des femmes et des hommes qui se lèvent pour résister. C’est confortable, on évite de se poser la question du rôle que l’institution judiciaire accepte de jouer dans des procès qui sont fondamentalement politiques. Le juge qui les condamnera ne peut en conscience pas croire qu’il fera respecter la Loi ; il ne fera que s’incliner devant le pouvoir.

Car ce qui se joue demain, au-delà des grandes phrases sur les « attroupements », sur les vilains « casseurs », sur « l’ordre public », c’est tout simplement le droit de manifester. De bloquer l’économie. De faire entendre sa voix à ceux qui sont aveuglés par l’idée que du pouvoir naît la légitimité, usent des moyens de l’État pour réprimer ceux qui dans la rue les contredisent.

Pour dire non encore et encore à cet ordre-là et pour soutenir tout-e-s les camarades, Solidaires avec le comité de soutien interluttes appelle à se rassembler:

MARDI 27 SEPTEMBRE À PARTIR DE 8H30 DEVANT LE PALAIS DE JUSTICE À AMIENS


Solidaires 80 fait partie du Comité interluttes de soutien aux victimes de la répression. Pour les soutenir financièrement, les dons sont à adresser à Solidaires 80 avec mention au dos du chèque : Solidarité répression policière. Adresse : 3-5 rue Jean Godris, 80000 Amiens.

Share